Exposition MICKAËL BÉ CARUGE Rêve diurne

Rêve diurne | MICKAËL BÉ CARUGE

Du
au

L' Habitation est ouverte 365 jours par an. Les expositions se visitent gratuitement de 9h à 18h30.

Infos pratiques

Rêver, selon une définition admise, c’est « laisser aller sa pensée », son imagination. L’action de rêver s’enrichit de sens, par son origine latine le mot « vagus », qui signifie « qui erre ».

Cependant, en peinture nos projections potentiellement irréalisables sont paradoxalement ce « sel de la terre », cette utopie libérale de l’artiste. Pour le champ de la peinture, le thème est prospère. À travers des réalisations visuelles poétiques, ce thème riche, largement exploré, permet de construire des espaces et des représentations qui donnent à voir les entrelacs, les lignes, tous les contours de l’imagination. C’est ce qui déclenche notre sensibilité, y compris à une échelle collective, mais qui pour la peinture devient une manière de débrider les possibles. La peinture, qui existera toujours par son apport sensible, sensualiste, est un bâton psychologique pour le peintre et peut devenir un bain de jouvence pour le regardeur. Il n’y a nul besoin d’autorité, d’enjeu de pouvoir et d’argent dans la peinture quand elle se fait magie, intuition, floraison. Elle peut calmer les esprits, elle peut panser les âmes.
Ce peut être un corps qui n’est plus totalement humanisé, qui convoque un ailleurs, que l’on ne sait véritablement définir. Ce peut être un déplacement temporel et géographique, qui nous submerge par le voyage qu’il permet. Ce peut être l’évocation simple de la vie et de la mort sur ce fil ténu, tantôt évoqué dans le mythe grec des Parques, et qui nous concerne tous. D’une part, cette proposition d’exposition avance dans la perspective du travail d’atelier, sur le potentiel d’imagination que confère cet aspect psychologique du monde onirique reversé dans l’art. Cela nous offre la possibilité de développer plusieurs axes, tel que l’étiolement ou la cohabitation d’images comme principe de déconstruction du rêve. D’autre part, l’emphase à une échelle plus vaste que le corps ou le détail dans la miniature apporte à la dimension de l’émerveillement. Troisièmement l’aspect diffus est une perspective de dissolution active dans le rêve, dans une perspective positive. La pensée de l’onirique admet toutes les manifestations déconstruites ou absurdes hors du monde intelligible et c’est cette perspective qui engage un modèle esthétique.
Mickaël Bé Caruge