Exposition collective Peindre à la Martinique Une histoire de l’art décentrée (1765-1943)

Peindre à la Martinique

Du
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Une exposition est réalisée avec le prêt et le concours exceptionnels du musée du quai Branly - Jacques Chirac.

Infos pratiques

Peindre à la Martinique. Une histoire de l’art décentrée (1765-1943) est une plongée dans une histoire de l’art décentrée offrant un regard neuf, puissant, sonore et émouvant depuis la Caraïbe post-esclavagiste.

L’exposition présentée à la Fondation Clément aborde la question des pratiques picturales en Martinique en contexte colonial.

Pour la première fois, elle accueille plus de 150 œuvres, peu ou jamais montrées aux Antilles, issues principalement des collections du musée du quai Branly – Jacques Chirac, de la collectivité territoriale de la Martinique et de fonds de collectionneurs publics et privés. Ces peintures, dessins, sculptures et photographies retracent les grandes temporalités de l’histoire de l’art de la Martinique : de la construction des imaginaires coloniaux dominants jusqu’à la rébellion esthétique portée par la négritude et le surréalisme, avec la création de l’école des arts appliqués.

L’exposition rend compte des fractures, des silences, des préjugés, mais aussi des résistances et des combats depuis la Martinique et Paris, pour l’accès à la formation artistique dans les écoles publiques et pour le développement, dès l’entre-deux-guerres, d’un art martiniquais représentant les gens, les scènes et les paysages du péyi.

Peindre à la Martinique s’attache à mettre en lumière les prémices d’un marché de l’art européen et intercaribéen, l’influence de l’école anglaise sur les Vues martiniquaises, le poids du modèle académique et son esthétique « beaux-arts », ainsi que celui des propagandes impériales, assimilationnistes et touristiques, depuis la colonie et hors de la colonie, du XVIIIe siècle à la fin du régime de Vichy an tan Robé.

Par une sélection d’œuvres (plus de 50 artistes), l’exposition montre les trajectoires des premiers peintres insulaires – natifs ou installés en Martinique –, le passage des peintres voyageurs, l’importance des femmes artistes et le rôle fondamental des premiers professeurs de dessin des lycées républicains – de Saint-Pierre à Fort-de-France – dans la formation de la jeunesse, la démocratisation et la déracialisation des pratiques. Elle révèle le goût pour les sujets antillais des artistes de l’école de Paris, mais également la production d’artistes mobilisés en Martinique pendant la Première Guerre mondiale ou en exil forcé durant la Seconde. Enfin, elle mobilise les extraits de la presse locale (Antilles, Le Moniteur de la Martinique, La Paix) et de la presse coloniale (L’Illustration, Le Monde colonial illustré), ainsi que des revues majeures (La Revue du Monde noir, Tropiques), afin de rendre compte de la parole des acteurs dans leur contexte.
Christelle Lozère, commissaire de l’exposition